Archives de l’auteur : Taliesin

Les profondeurs du chaudron

Les profondeurs du chaudron s’enflamment et se troublent.

Profondeurs du chaudron de Cerridwen

Intermondes III – Taliesin

Rien n’est vue plus rien que l’opale
Frôlant les cordes d’azur pâle.
L’oisive lascive demeure
Bras ouverts à cet amour qui tue,
Et la rend si lâche.
Son nez en rotonde alors culmine
En un sillon d’étoiles galactescent
Et sa bouche, édentée, rumine
Un fiel abscons, luminescent.

Exaltation d’un Barde dans la tempête

Un Barde dans la tempête ? Complétement !
Le jour de mon exaltation bardique, j’ai vécu intensément une tempête qui secoua la Cornouaille bretonne. Un matin lumineux pour m’exalter, sous les rayons bénéfiques de Belenos. Puis une cérémonie de Brigia dans les vents purifiants de Bretagne, avec des arbres ballotés dans tous les sens… Notre intimité dans un cercle restreint. Et cette puissance de Brigantia à nos côtés comme pour nous protéger des souffles violents qui balayaient les bois de Neved ! Je m’en souviendrai toujours.
Voici donc un texte écrit aux lendemains de cette période de tempête. J’ai alors marché sur mon pagus, me heurtant à ce qui reste de fracassé, de nettoyé dans un paysage morne, gris, humide et venteux. J’étais face au  grand cycle de la vie et de la mort. Et la résonance avec le lointain, aux Portes d’Ys, fut très forte. Cela méritait bien un texte…

Un barde dans la tempête constate les chutes des branches sur son passage, dans les chemins creux de Lorconan

Les sentes de lumière de Brigia
Ont été balayées par le Grand Tonnant.

En ce jour de tempête,
Incessante, ne cesse de vrombir
La rumeur de puissances entêtantes,
Le fracas du vent d’Ys,
Le cri de la Morrigan appelant ses prêtres.

Quel beau tumulte de l’inaudible
Que la Voix des Voies portant fureur sur la cime des arbres
Écumant ce qui doit chuter.

En moi prend le large l’esprit raciné du Barde.
Il échoue ce matin sur les rivages d’un Tertre bouleversé, purifié
Par la juste tourmente du Renouveau.


« Exaltation d’un Barde dans la tempête » a été mis à jour en janvier 2021.

Lyre dans le vent

La lyre est l’instrument de reliance du barde. Sa vibration est celle du cœur. Inspiration d’amour pour cet instrument qui retrouve sa place d’expression en Europe, grâce à des luthiers passionnés qui se sont intéressés à la reconstitution de cette instrument à partir de recherches et ddonnées archéologiques. J’ai acquis une de ses lyres, de type armoricaine, que vous pouvez voir dans les photos ci-dessous. C’est sublime.

lyreCordes, cordes, cordes
Vibrent au gré du vent !
Clame, clame, clame
Ma voix au gré du chant.

Que souffle l’Awen
Sur mes doigts doucement !
Et que chante Lurenn 1,
Avel 2 près d’elle tourbillonnant !

Au son de la lyre
Le chantre devient puissant
Dans l’être,
Au cœur évanescent,
L’inspiration va jaillissant !

lyre


1. Lurenn : « Lyre » en breton.
2. Avel : « Vent » en breton

Les Lyres de l’Atelier Skald
Les Lyres de Margotton
Les Lyres de Tri Nox Samoni

Les lyres que vous voyez sur les photos ont été fabriquées par l’Atelier Skald et Julian Cuvilliez. Ce dernier donne des cours de lyre en Côte d’Armor, mais aussi sur Locronan où je réside.
Les cours, auxquels j’ai déjà participé l’année dernière (2017-2018), reprennent en octobre prochain. Il reste des places à Locronan. Si vous êtes intéressés pour faire partie des « Lurennoù Lokorn », vous pouvez me contacter et je ferai suivre.

Tantad ! Tan ! Feu d’un solstice d’été

Le Tantad, le feu père. Un poème sur le feu du solstice d’été de mon village Locronan. On y  brûle un arbre sacrifié au cours de la Saison Claire (arbre de mai) mais tout montre que les habitants ne savent même pas à quoi sert cette Tradition.

Le Tantad : un sacrifice. Au nom de quoi ? Au nom de qui, surtout ?

Tantad Lokorn

TAN ! TAN ! TAN !
Propulsion, joie de vivre, détermination !

TAN ! TANTAD ! TAN !
Feu père des Ancêtres jaillissant de terre dans la splendeur !

TAN ! TANNA ! TAN !
Le soleil est ta gloire, le souffle de la vie ton ardeur !

TAN ! HOUNID ! TAN !
L’axe du monde a pourri.Il brûle maintenant sous l’œil d’Esus.
De la mort jaillit la vie.

Spered ar favenn,
L’ordre du monde est préservé.
Les hommes du bro ont-ils seulement perçu le sens de ton sacrifice ?

A propos de l’Arbre de Mai de Locronan

Par l’Awen et l’eau lustrale de Brigia

L’eau de Brigia est eau lustrale. Elle purifie les corps par la lumière de l’étoile de la Déesse Brigantia lors de la cérémonie de Brigia. Anciennement nommée Imbolc, Brigia est une fête sacerdotale qui bouge dans la Roue au regard de la Saison Sombre et de la Saison Claire. Ce poème ci-dessous a été composé tout près du printemps d’où la référence. Je réfléchis à ce jour à l’adapter pour les différentes saisons traversées.

Eau lustrale d'une fontaine dans laquelle une main de femme se plongeDour court,
Le long de la colline
Dour court,
Limpide et cristalline
Dour court,
Caresse l’échine des pierres
Dour court,
Coule le long des fils de lierre
Dour court
,Purifie corps et âmes d’hier…

Et Brigantia la douce
En ce matin, bénit
La rosée de Brigia sur la mousse.

Et l’onde de la source frémit,
Mon coeur lustré devient fontaine.
Bringind’eau m’enveloppe, me saisit.
Et par l’eau
Se répandent heurts et peines.

Jaillit alors en moi l’eau souveraine
Qui chante en moi la vie
Fait briller en moi la nuit.

Jaillit en moi la mélopée du temps
La douce joie d’être vivant,
De vibrer aux sources du printemps.


Voulez-vous en savoir plus sur l’eau lustrale ? N’hésitez pas à consulter la page sur Brigia du site de l’Ordre Druidique de Dahut.