Archives de catégorie : Évocations

Evocation d'un barde

Exaltation d’un barde dans la tempête


Les sentes de lumière de Brigia
Ont été balayées par le Grand Tonnant.
En ce jour de tempête,
Incessante, ne cesse de vrombir
La rumeur de puissances entêtantes,
Le fracas du vent d’Ys,
Le cri de la Morrigan appelant ses prêtres.
Quel beau tumulte de l’inaudible
Que la Voix des Voies portant fureur sur la cime des arbres
Écumant ce qui doit chuter.
En moi prend le large l’esprit raciné du barde.
Il échoue ce matin sur les rivages d’un Tertre bouleversé, purifié
Par la juste tourmente du Renouveau.

Inspiration - Feu du destin

Le Feu du Destin

taliesin-racines
Dans mon espérance en doux feuillage
La clarté de l’être se veut docile,
Mais au dessus de ce décor fossile
Mon ciel se nappe d’ombrageux orages…
Mon corps paraît lors tel un ustensile
Aux yeux d’un Dieu brûlant de rage…
Mon esprit flamboie et brave les murs
D’une société qui point ne s’assume
Mais s’endort, nuit après nuit,
Et chaque jour se consume.

« Pourquoi cette course à toujours errer,
Alors que le chant des Mondes est l’œuvre de mes jours ? »

abstraction
Un rayon perce le voile :
Redresser les cornes
Être Feu de l’agir
Laisser l’humeur fuir…
Puis
Goûter aux merveilles
Qui doucement se meuvent
Face aux yeux du soleil.

Le feu total du Destin
Élargit la brèche, soudain.

Déferlent alors sublimes
Vague d’ombre,
Fontaine de lumière,
Forces de l’Awen :

Savourez
L’envol des paroles du chantre dans les ramures !
Sentez puissante
L’effluve lunaire sous l’écorce,
Le souffle des êtres pénétrant en force
Les racines de Seigneur Temps
Qui déploie sa brume,
Et étrangle le glorieux.

Voyez
L’éclat grandiose du cristal qui agite la terre :
Le blaireau broie dans sa gueule la branche du chêne
Le serpent s’entortille d’extase sous les fougères,
Et fait frémir l’humus sous la terre.
Dame abeille vrombit et fend l’air :
Se révèle en elle les sucs nacrés de l’Univers.

nature-druidisme
Voici que chaque jour
S’affirme notre vérité profonde
À la face des Dieux et des Déesses,
Piliers des Mondes :

Nous sommes peur,
Êtres de défiance,
Animaux fragiles,
Purs prédateurs.
Nous sommes péril.
Mais notre essence
De feu et d’eau subtils,
Est lien de confiance,
Immensité d’or et d’argent
Issue du cœur.

Gloire à Belenos, digne de gloire !

soleil-belenos-bretagne-druidismeAu jour le plus long de ta Gloire, Ainé Rayonnant, tu as atteint l’or de ton règne, l’apogée de ta force ! Au point culminant de la lumière, l’équilibre se rompt car naît déjà la première graine de l’obscurité. Désormais, les nuits vont s’allongeant, et toi, Belenos, tu vas déclinant pour mieux te régénérer encore et renouveler le Cycle.

belenosVois l’esprit d’Aedis, Belenos ! Les flammes du Tantad dansent dans la nuit, saluant à l’aube ta puissance qui s’endort. Puis inéluctablement tu t’élèves, tes rayons perforant le ciel comme dans un dernier sursaut de gloire. Tu nourris alors le blé qui se flamboie d’or et réchauffe le corps d’hommes et de femmes aveugles et sourds, las de leurs labeurs. Et déjà la Grande Dispensatrice se tourne vers ceux qui veulent l’entendre et l’honorer, pour préparer les récoltes.

solstice d'été
Voici pour toi, Belenos,
Voici pour vous, Divinités du Ciel et de la Terre,
Pour vous, Déités de vie et de mort
Pour vous, Ainées des Arts Magiques
Notre mandala d’étincelles,
Des offrandes venues du cœur,
des chants reliants,
Les fruits d’un solstice exaltant,
Les graines du recommencement.

Voici pour vous
Notre intime reconnaissance
Notre douce gratitude
Notre feu rayonnant d’amour,
Pour qu’en nous tout concourt
A exprimer la joie de notre dévotion.

Imbolc Roue 2

Brigit,
Vois venir Imbolc….

La Roue tourne.

L’Agneau repu de lait et d’amour,
Relève la tête vers le Ciel
Et voit le soleil froid reprendre de sa force.

La bise réveille les feuilles
Engourdies par le gel.
La pluie a lustré la terre
De son eau glacée.

Au crépuscule,
La Grande Dame laisse flotter
Dans le léger vent de l’Hiver qui se meurt
Ses cheveux régénérateurs.

* * *
* *
* * *

La nuit est tombée.
Les flammes transcendent le cercle.
La cérémonie commence.

L’Esprit du lieu
Sort de sa léthargie terrestre
Et se meut,
Silencieux,
Au grès de nos paroles,
Devant les Arbres Témoins de notre Clairière.

Ô Douce Dame Brigit !
Ralimente notre foyer intérieur !

Offre nous
L’or de ta beauté
Dans nos yeux d’argent !

Que l’onde de l’eau qui porte ta joie
Nous lustre et nous enchante
Jusqu’au plus profond du Sidh !

Que ton feu magique
Agite en nous
Notre créativité sacrée
Alimente notre Awen
Tout au long de nos jours !

Puissance de Beltaine et feux de vie

Menez HomBeltaine.

L’été s’annonce… dans nos terres, en nos corps, en nos cœurs.
Sur le continent ancien, au bout du monde, des clairières druidiques allument leurs feux et célèbrent l’union sacrée. Et dans mes rêves de barde, dans mes songes de prêtre, les montagnes de mon pagus voient jaillir en leur sommet un feu géant de gloire. Le Menez Hom sous l’égide de la douce Brigindo et le Menez Lokorn protégé par le grand Cernunnos deviennent Monts de lumière, se répondent et se lient face à l’Océan qui danse dans la Baie d’Ys !

Beltane.

La Roue tourne, encore et toujours.
Autour de nous le monde souffre avec tracas et fracas, se perd dans un bavardage incessant qui épuise l’esprit, empêchant l’écoute sacrée. La Nature, notre grand miroir, pleinement régénérée à Beltaine, palpite et croît sans se plaindre. Le feu de la sexualité retrouve son énergie primordiale. La Nature… C’est elle qui nous enseigne le vrai silence propice à l’écoute de nous-mêmes, à l’union de nos polarités. C’est à travers elle que les Déités nous voient tels que nous sommes.

Dagdia.

La terre se réchauffe et caresse amoureusement le ciel.
Un vent plane sur les vallées, les forêts et les sommets ; c’est le souffle d’Airmid qui guide l’abeille, fait danser les fleurs, envoler leurs graines et fait chanter les ramures des arbres pour nous inspirer, nous, arpenteurs de notre Tradition.

IMG_20141009_183822Le sanglier solitaire gratte, renifle, souffle au pied du grand chêne. Il contacte ses racines et goute à l’humus noir de la Terre qui exhale une odeur turgescente de vie et de mort mêlée, une fraîcheur enivrante de pluie, une douceur d’insectes qui grouillent. En lui, un feu qui jamais ne s’est tari, s’amplifie et lui donne la force de se redresser, de reprendre sa course sauvage et de percer les bois sacrés de nos mondes…

C’est l’appel de la Vie.