Mon sacerdoce dans le druidisme et la Voie Bleue

Une voie sacerdotale pleinement assumée

Mon sacerdoce dans le druidisme a un poids égal au nom que j’ai reçu : Taliesin. Ce nom est pour moi parfois lourd à porter. J’ai mis du temps à l’accepter en moi, à le laisser résonner. Maintenant, je mesure à quel point il m’engage avec cohérence et exigence dans le renouvellement de la Tradition druidique.

On voit le barde Taliesin jouant de la lyre. Voie du sacerdoce dans le druidisme.

La lyre, instrument de reliance du barde.

Je suis païen et sacerdote en prêtrise, dans le druidisme, à temps plein. « Temps plein » signifie que cette vocation religieuse et tout le service que cela implique passent avant toute autre chose dans ma vie.

J’œuvre ainsi religieusement au nom de la Divinité qui m’a choisi – le Cornu, au nom des Ainés, des Déités de Tradition, et pour l’Ordre Druidique de Dahut. En cela, je suis au service de la communauté druidisante et païenne dans le pagus de Neved, pays de Locronan, en Bretagne.

Au cours de mon cheminement dans le druidisme, les hommes ont accepté de faire de moi un Barde, mais de facture « celtique ». Puis je fus longtemps plus tard, grâce à l’Awen, reconnu et confirmé en tant que tel par Brigantia, au cours de mon exaltation bardique à Brigia de la Roue 3.

À l’écoute des Dieux et des Déesses, je demeure à leur service, reste en résonance avec mon terroir et le pays où je me suis enraciné et vibre avec la Tradition. Une Tradition qui doit rester vivace, affranchie de la nostalgie du passé, des spéculations franc-maçonnes et « tolandiennes » du 18e siècle, de l’érudition sclérosante des livres, des mémoires « celtiques » dont nous n’avons que des vestiges dégénérés. La vitalité et le renouvellement de la Tradition souffre à mon sens d’un cruel manque de foi de certains druides, de la surdité et du paraître d’autres.

Être Barde : un engagement total

Devenir Barde n’est pas seulement pour moi une formalité administrative ou le fait d’être juste en représentation, un paraître pour distraire une communauté, en restituant du mythe ou des légendes, comme je l’ai trop souvent vu faire. En plus du vrai travail de communication et de l’oralité que cela demande de pratiquer, être Barde implique une reliance réelle avec la divinité patronne des Bardes, Brigantia, et nécessite une forte implication, un total engagement de soi et de son être pour se laisser œuvrer par l’Awen.

Quitter le Monde Ancien pour aller vers le Nouveau

Je suis convaincu, et cela résonne très fort en moi en tant que Barde, qu’il faut reconsidérer les positions des anciens et leurs visions du monde, s’émanciper d’un trop lourd enfermement dans les mythes, le passé et le celtisme à tout crin, dépasser les filiations, pour ouvrir de nouvelles perspectives traditionnelles, faire éclore et renouveler une Tradition qui s’enracine ici et maintenant, dans les pagi, les broioù, le cœur des hommes et des femmes qui veulent œuvrer en conscience… et passer les héritages au crible de la modernité.

C’est cela pour moi la Voie de la Connaissance de soi, le cheminement initiatique qui ne peut se faire sans les Divinités, et ce n’est certainement pas le fait de savoir et d’être fortement érudit qui fera de moi un Barde et peut-être qui sait, un jour, un Druide. Il s’agit d’être et d’œuvrer dans le sens du service, du sacerdoce pour les Déités.

Il est évident que beaucoup verront cela comme un outrage à leur héritage. Je les comprends. Quand on remet en question des acquis, un certain confort nostalgique, les résistances et la révolte du Monde Ancien se mettent en branle.
J’assume cependant complétement cette position.
J’ai trop longtemps erré dans une tradition « celtique » nébuleuse et trop syncrétique, trop conciliante, peu exigeante et cohérente en fin de compte. Influencé par la Franc-Maçonnerie et une certaine conception romantique, on ne se satisfaisait que de ce qui était écrit ou « parce qu’il nous reste que cela » , avec au final peu d’engagement et très peu voire pas de reliance surtout.
J’ai vu également trop souvent se manifester une crispation dans les textes, les sources archéologiques et/ou l’identitaire (quand ce n’était pas en soubassement dans le racisme), qui s’éloignait voire dénigrait une quelconque reliance avec les Dieux.

Le sacerdoce dans le druidisme passe par le courage d’oser

Il faut, à mon sens, ne plus avoir peur de sortir des vieux schémas, renoncer aux spéculations intellectuelles et aux « saintes » écritures antiques, galloises et des moines chrétiens irlandais, et arrêter de s’appuyer sur des auteurs contemporains moult fois cités et compilés, pour se mettre en résonance et écouter ce que les Divinités ont à dire dans nos pays, maintenant, de nos jours. Il s’agit en somme d’amener la Tradition à plus de justesse c’est-à-dire de la construire autour de valeurs païennes, faite de reliance et de réelle inspiration née d’une résonance au cœur du présent, afin de fonder l’avenir du paganisme au travers d’une religion polythéiste druidique résolument moderne.

Le courage est d’oser. C’est ce que m’a dit un jour un druide reconnu par ses pairs.
J’ai écouté et mis en application.

Merci d’être là. Merci d’écouter. Merci de comprendre.

Taliesin

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