Message de fin d’hiver

Les mots, le sens, le chemin. Un message reçu sous les Chênes à quelques jours de l’entrée en saison claire.clameur du barde

Le cheminant : Inlassablement, les sourds vivent à crédit. Ils recherchent l’extase de la sensation magique, rendent culte aux légendes, glorifient la Geste du Monde Ancien et le culte du sang, réclament protection et reconnaissance divines. Mais voilà qu’ils n’obtiennent que des résidus de croyances, de superstitions, des masques de velours passéistes, des vérités en trompe-l’œil. Plus rien n’existe que la souffrance d’une lumière qui s’acharne à s’incarner dans le coma suranné du monde blanc.
Alors, quand les spéculations des érudits enchaînés aux livres et à leurs têtes obstruent toute voie de reliance et de foi, quand les mythes se théâtralisent sans conviction dans un cercle de pâquerettes entrelacées, le symbole est érigé comme un dieu unique, dressé tel un phare dans une nuit sans étoiles. Les pantins du fantasme mettent alors l’esprit en orbite pathostationnaire.
Voici qu’ils piétinent l’harmonie de ce qui doit œuvrer, ces déshérités au nombril d’or, mais se meuvent, agités, héritant d’une divine indifférence !

Que ne voient-ils pas qu’ils écrasent sans cesse la fleur qu’ils souhaitent eux-mêmes voir épanouir ?


Le Dadga : Leur vaine immersion dans les racines d’Autrefois signe l’angoisse qui étrangle de n’être pas, de n’être plus, de renaître jamais. Et leur pas les mènent avec envie à vénérer une Nature magnétisée. Mais pourquoi auraient-ils à se vénérer eux-mêmes ? Car, dans leur libre arbitre, ils ne savent point qui ils sont. Leurs turpitudes magiques sonnent chaque jour leur dévoration. Beaucoup se sont retournés ; d’autres encore se retourneront, peu voient ou verront ce qui s’annonce sur leur chemin, ni ne planteront les graines de demain.

Alors, barde exalté, toujours cheminant,
Puisses-tu faire silence et voir ce qui te ronge encore.
Et va, vogue toujours à travers le cosmos de l’Être.
Dans ton clair, comme dans ton obscur,
Rayonne de ce qui te fait mouvoir en ce monde.

Porte mon sourire rayonnant,
Délivre la flamboyance de ton cœur.

Sois chant de vie, ode sereine.
Sois cette pulsion de joie qui nourrit l’autre.

Que chuchote en toi l’Autre Monde.
Que tes yeux soient constellés de bienveillance.
Que ta parole porte la compréhension.
Je suis à tes côtés.
Rayonne en silence de ton unicité,
Reflet de ton immensité.

 

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