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vertige

Vertige de Beauté

Vertige vers l’horizon. Émergence de beauté.

vertige
La mer impose gloire et puissance de la déesse Océane. Elle nous rappelle l’enjeu de forces divines qui nous dépassent en ce micro-monde qui s’agite et qui vibre de vie, de mort, de joie, de peur, d’inconscience et de déraison.

Allons plus haut que cette étendue fracassée par l’onde pluvieuse, qui se dessine au loin et s’impose. Levons encore les yeux.

vertigeSaisissement inouï de l’Être. Reflet de notre propre immensité.

Se déploient les nuages, une densité inatteignable où agissent le cumul tumultueux des cieux, le rayonnement de Belenos en sa grandeur, le chant d’Ael venu des profondeurs d’Ys… L’abîme du Temps se découvre dans la vérité d’une lumière qui caresse l’ombre et qui touche au cœur, dans le grandiose, dans la beauté, fille de la splendeur. Et, dans la reliance, on sent la présence de forces entrelacées de grâce sonder l’espace nébuleux du ciel.

Nous, mortels égocentriques, en bataille pour trouver notre place sur ce bout de rocher, d’eau et d’atmosphère perdu dans l’infini du cosmos, sentons notre Être en ces instants saisi, notre espace intérieur se retourner face à cet océan céleste d’humilité.

Honorons les Divinités pour cela, pour cette vérité qui nous accorde avec nous-mêmes, avec l’univers qui se déploie au-delà, au regard du Grand Dessein.

Tantad ! Tan ! Feu d’un solstice d’été

Tantad Locronan

TAN ! TAN ! TAN !
Propulsion, joie de vivre, détermination !

TAN ! TANTAD ! TAN !
Feu père des Ancêtres jaillissant de terre dans la splendeur !

TAN ! TANNA ! TAN !
Le soleil est ta gloire, le souffle de la vie ton ardeur !

TAN ! HOUNID ! TAN !
L’axe du monde a pourri.
Il brûle maintenant sous l’œil d’Esus.

De la mort jaillit la vie.

Spered ar favenn,
L’ordre du monde est préservé.
Les hommes du bro ont-ils seulement perçu le sens de ton sacrifice ?

A propos de l’Arbre de Mai de Locronan

Douceur de Brigantia

Ô toi douce Brigantia qui anime mon cœur et submerge mon front de ta lumière étoilée, que me délivres-tu ?
Clameur de Brigantia

Clameur de Brigantia

Je vois
Le scintillement dans vos yeux
Qui cherchent à comprendre
J’entends
La vérité du silence qui vous inspire
J’accueille
La stupeur de votre intimité foudroyée par la Foi
Je caresse
Votre visage d’enfant perdu
Et vous chante,
Et vous clame :

Êtres égarés,
Osez.
Vous Êtes
Puissance Créatrice
Potentiel d’or et d’argent
Qui se déploie sous mon vaste manteau de tendresse.
Vous êtes
Énergies de vie et de mort
Somme de courage et de bienveillance.

Brigantia face au barde

Photo de David Toussart, soumise à droit d’auteur.

Et Nous,
Sommes
Chemin des chemins
Immensité et pluralité.
Nous œuvrons
Ici et maintenant.
Nul peuple nous appartient.

Et Nous,
Sommes
Grandeurs du Grand Dessein,
Sommes
Toutes ces forces émouvant l’univers,
Que l’on donne à voir, à vibrer,
À vous éblouir.

Sans contrôle, il ne reste plus qu’à vous relier.
Sans attente, il ne reste plus qu’à vous retrouver.
Sans peur, il ne reste plus qu’à écouter.
Sans savoir, demeurez nus.
Mais naissez à vous-mêmes à nos cotés
À chaque instant qu’il vous reste à vivre.

Êtres retrouvés,
Vous êtes
Conscience Créatrice
Potentiel créateur de votre vie.
Angoissés d’eau
Souverains de feu,
Vous êtes
Énergies transformatrices
Multiples d’ombres et de lumières.

Ce jour où…

Ce jour où la lumière est un dard qui aveugle le Barde et où l’ombre cingle l’esprit depuis ses racines… Jour d’abandon. Jour de reliance. Jour de l’œuvre.Clameur dans les bois

Tête ardente, pupilles calcinées, braises du Présent,
Face aux feux du soleil, l’Exalté clame fort :

Chaudron fiévreux du narcisse
Six aveugles ivres à l’Être délité
Itératives paroles, ferveurs d’autrefois
Foi de marbre sur champs arides
Rides du jeune à la fougue crispée
Péremptoire savant de fiel sur l’enclave stoïque
Hic et nunc,
Rien que le rien, déshérence,
Maigre saveur d’itinérance.

Le Barde entre en torpeur
Et clame encore :

Toujours le Chêne berce
Et Mère indique la Porte.
Mais où que l’on entre,
Errance menace
Où que l’on sorte,
Brume tenace.

jour du sanglier

Le Barde s‘éveille, voit la terre, puis clame alors :

Les sangliers des ondes FM
M’ont sous les chênes égaré.

En vérité,
Le chemin est courage
La voie, une oreille tendue
L’éveil, un effort
Le choix, une entrave
Le savoir, un leurre
Les écrits du passé, une illusion.

Entre terre et ciel
La vie est intarissable
Source d’un chaudron
Aux mille éclats, aux mille contrastes,
Reflux destructeur des étoiles.
Son élixir guérit du faux des mots,
Fait vomir l’infamie des masques.

Le Barde relève la tête et chante :

Vous, Êtres d’humanité,
Tant que votre cœur va battant,
Le souffle anime le velouté de votre existence.
Votre expérience est votre puissance.

Êtres de confiance
Nourrissez le feu de la joie
Qu’étincelle votre silence
Qui honore les étoiles et les Dieux.

Êtres de reliance
Que votre foi encense
La spirale du Grand Dessein
La paix du grand passage.

Incarnés qui oscillez
Entre essence et substance intimes
Délectez-vous de qui vous êtes,
Dans la clarté de vos nuits
Dans l’ombre de vos jours.

Au pied de vos racines
Juste vibrez
Et recevez
Maintenant.

Au pied des vieux arbres
Transformez l’Ancien
Libérez en vous l’esclave
Des scories du passé.

Ce jour où,
De torpeur en torpeur,
Vous saurez vous abandonner,
Vous ne pourrez plus vous égarer
Vous ne vous forcerez plus d’aimer.

Et devant Eux, vous ne pourrez plus nier
Près d’Elles, vous ne pourrez plus ignorer
Face à Vous, vous comprendrez.

Lors, à présent, écoutez.
L’avenir sans passé, accueillez.
Soyez chantres de votre beauté.

Maïwena tisse
Ogma sait.

Message de fin d’hiver

Les mots, le sens, le chemin. Un message reçu sous les Chênes à quelques jours de l’entrée en saison claire.clameur du barde

Le cheminant : Inlassablement, les sourds vivent à crédit. Ils recherchent l’extase de la sensation magique, rendent culte aux légendes, glorifient la Geste du Monde Ancien et le culte du sang, réclament protection et reconnaissance divines. Mais voilà qu’ils n’obtiennent que des résidus de croyances, de superstitions, des masques de velours passéistes, des vérités en trompe-l’œil. Plus rien n’existe que la souffrance d’une lumière qui s’acharne à s’incarner dans le coma suranné du monde blanc.
Alors, quand les spéculations des érudits enchaînés aux livres et à leurs têtes obstruent toute voie de reliance et de foi, quand les mythes se théâtralisent sans conviction dans un cercle de pâquerettes entrelacées, le symbole est érigé comme un dieu unique, dressé tel un phare dans une nuit sans étoiles. Les pantins du fantasme mettent alors l’esprit en orbite pathostationnaire.
Voici qu’ils piétinent l’harmonie de ce qui doit œuvrer, ces déshérités au nombril d’or, mais se meuvent, agités, héritant d’une divine indifférence !

Que ne voient-ils pas qu’ils écrasent sans cesse la fleur qu’ils souhaitent eux-mêmes voir épanouir ?


Le Dadga : Leur vaine immersion dans les racines d’Autrefois signe l’angoisse qui étrangle de n’être pas, de n’être plus, de renaître jamais. Et leur pas les mènent avec envie à vénérer une Nature magnétisée. Mais pourquoi auraient-ils à se vénérer eux-mêmes ? Car, dans leur libre arbitre, ils ne savent point qui ils sont. Leurs turpitudes magiques sonnent chaque jour leur dévoration. Beaucoup se sont retournés ; d’autres encore se retourneront, peu voient ou verront ce qui s’annonce sur leur chemin, ni ne planteront les graines de demain.

Alors, barde exalté, toujours cheminant,
Puisses-tu faire silence et voir ce qui te ronge encore.
Et va, vogue toujours à travers le cosmos de l’Être.
Dans ton clair, comme dans ton obscur,
Rayonne de ce qui te fait mouvoir en ce monde.

Porte mon sourire rayonnant,
Délivre la flamboyance de ton cœur.

Sois chant de vie, ode sereine.
Sois cette pulsion de joie qui nourrit l’autre.

Que chuchote en toi l’Autre Monde.
Que tes yeux soient constellés de bienveillance.
Que ta parole porte la compréhension.
Je suis à tes côtés.
Rayonne en silence de ton unicité,
Reflet de ton immensité.