Archives mensuelles : mai 2015

Puissance de Beltaine et feux de vie

Menez HomBeltaine.

L’été s’annonce… dans nos terres, en nos corps, en nos cœurs.
Sur le continent ancien, au bout du monde, des clairières druidiques allument leurs feux et célèbrent l’union sacrée. Et dans mes rêves de barde, dans mes songes de prêtre, les montagnes de mon pagus voient jaillir en leur sommet un feu géant de gloire. Le Menez Hom sous l’égide de la douce Brigindo et le Menez Lokorn protégé par le grand Cernunnos deviennent Monts de lumière, se répondent et se lient face à l’Océan qui danse dans la Baie d’Ys !

Beltane.

La Roue tourne, encore et toujours.
Autour de nous le monde souffre avec tracas et fracas, se perd dans un bavardage incessant qui épuise l’esprit, empêchant l’écoute sacrée. La Nature, notre grand miroir, pleinement régénérée à Beltaine, palpite et croît sans se plaindre. Le feu de la sexualité retrouve son énergie primordiale. La Nature… C’est elle qui nous enseigne le vrai silence propice à l’écoute de nous-mêmes, à l’union de nos polarités. C’est à travers elle que les Déités nous voient tels que nous sommes.

Dagdia.

La terre se réchauffe et caresse amoureusement le ciel.
Un vent plane sur les vallées, les forêts et les sommets ; c’est le souffle d’Airmid qui guide l’abeille, fait danser les fleurs, envoler leurs graines et fait chanter les ramures des arbres pour nous inspirer, nous, arpenteurs de notre Tradition.

IMG_20141009_183822Le sanglier solitaire gratte, renifle, souffle au pied du grand chêne. Il contacte ses racines et goute à l’humus noir de la Terre qui exhale une odeur turgescente de vie et de mort mêlée, une fraîcheur enivrante de pluie, une douceur d’insectes qui grouillent. En lui, un feu qui jamais ne s’est tari, s’amplifie et lui donne la force de se redresser, de reprendre sa course sauvage et de percer les bois sacrés de nos mondes…

C’est l’appel de la Vie.

Métamorphose du Tarot de Marseille : Le Bâteleur

cerridwen-tarot-le-bateleur

Le Cheminant :
« Toi Mère maîtresse des arts magiques et du chaudron ; réponds-moi, que veux-tu que je te chante ? »

Kerriwena :
« Chante-moi parmi les vingt-deux strates à traverser sur ton chemin, la mise à mort qui agit en toi jusqu’à ce que les mortels l’apprennent aujourd’hui. »

Le Cheminant :
« Première fontaine de sens : je ne suis pas. Perdre l’essence de ses normes et de ses désirs est explosion de l’Un et contact avec le multiple prisme divin. Je me retourne alors et voit soudain la vérité : mes souvenirs sont des cadavres, mes pensées des zones en friche, ma vie une mascarade. Cependant mon sang demeure la clé du lien suprême. Le voici versé.
J’arpente alors les ruines de l’existence. Sur le chemin, les repères sont légions d’étoiles qui vainement scintillent pour me secourir dans la brume du temps. Il ne suffit que d’un souffle de relâchement pour que la flamme transforme la substance de mon intimité en un faucon d’or et d’argent. »