Hymne à Sucellos

sucellos

Ô Sucellos aux bras vigoureux
Toi qui te tiens sur le seuil
Où temps et espace ne font qu’un,
En un coup de ton maillet
Le Noir se heurte à l’Ombre
En un coup de ton maillet
S’ouvrent les Grandes Portes.

Ô Sucellos, Passeur devant les passeurs
Dans les profondeurs de ton Royaume, l’ovate descend
Dans les profondeurs de ton Royaume, l’initié ressent
Dans les profondeurs de ton Royaume, le prêtre entend…

En Omnia, Dieu frappeur
Tu dresses ton maillet avec vigueur
Et heurte trois fois le cœur de la Terre
Et la Terre par trois fois vibre
Et la Terre par trois fois pulse
Comme un cœur à l’Autre-Monde soumis .

Dans le Temps hors du Temps, Dieu Aîné,
Dans la Nuit des Sages
Dans l’Au-Delà sans âge
Tu dresses ton marteau avec force
Et frappe trois fois l’Antre des Intermondes.
Ogmios l’Implacable alors surgit
Et par l’onde, le corps trois fois frémit
Et par trois fois l’être se relie
Au Destin, à l’infini.

Et maintenant, Sucellos,
Maître des Portes et des Passages,
Toi qui, auprès d’Ahès, vois les êtres sans fard,
Tu veilles.
Tu veilles au seuil de Seidonos
Tu veilles au passage de ceux qui,
Dans le noir du soir,
Murmurent…
Murmurent aux vivants les secrets de l’âme
Reçoivent des vivants, regrets et larmes.

Toi, filtreur du Monde Ancien,
Gardien de la porte des Ancêtres
Veilleur des Renaissances
Toi qui laisse passer le cheval et le chien
Toi qui nous entraînent en tes riches profondeurs
Anime en nous le souffle de l’Autre-Monde !

Honneur à ta présence, Sucellos !
Honneur à ta puissance, Sucellos !
Honneur à toi, le Frappeur
Ô Sucellos, glorieux dans l’éternité !

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Hommage aux ancêtres et aux pères

Honneurs aux ancêtres porteurs des mémoires, honneurs aux pères du Bro et de tous…

img_20150102_181019Kenavo, Tad, kenavo !

Au pays des Ancêtres
ta vie est consacrée
et ta mémoire constellée
de feuilles d’or et d’étoiles.

Kenavo, Tad, kenavo !

Par les vents et le sable chaud
de la Palud, très haut
dans le ciel, les corneilles
louent ton ultime sommeil.

Kenavo, Tad, kenavo !

Des certitudes de silence
œuvrent dans la Baie Lumière.
Et dans les rues de Kemper
rayonne l’Hier de ta présence.

Klevout a rez Tad ma mouezh du-hont ?
Klevout a rez betek amañ kanoù da vro ?
Merzout a rez bremañ, hendad, sklerijenn ar spered1 ?

Les mots peignent de toi des souvenirs,
diluent en vain tes traces d’absence
mais une voix résonne en moi
et dit tout en conscience
comme du fond des flots :

« Kenavo, Tad, kenavo ! »

1 Tad, entends-tu ma voix au loin ? Entends-tu jusqu’ici les chants de ton pays ? Ressens-tu maintenant, ancêtre, la clarté de l’esprit ?

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La mascarade des celto-druides

Il est pour certains Fils du Chêne
Des territoires d’inconfort
A ne point explorer.
Tel est le prix trompeur
De leur illusoire liberté :

C’est le Monde des Dieux,
Le Royaume des Déesses,
Celui qui appelle,
Et que peu écoutent avec clarté.

Les brèches passéistes

« Les brèches passéistes » Taliesin

Enclavés dans la brume du paraître,
Les chefs, baptisés par la grande tribu, crient :

Nous sommes racines pétrifiées du Passé.
Nous avons compris les symboles.
Nous maitrisons la table de bronze brisée.

Intégrées en nous sont les paroles du cheval de Gwyon.
Les mystères de la sainte croix sont en nous
Révélés comme à nos ancêtres,
Nous savons craindre les démons.

Nos chefs ont validé notre cursus.
Et plus que tout, notre gloire rayonne
Dans la mémoire fallacieuse d’un peuple mort.
Et nous en sommes fiers !

  Regardez-nous humains,
Nous, Peuple du Chêne,
Sommes fils d’hommes sourds et aveugles  :
Les divinités sont soumises à nos désirs
Car l’Incrée si unique et si puissant est avec nous !

Mais…
Où donc est maintenant dans notre vie cet oracle tant attendu,

Par nous, qui sommes reconnus sages parmi les sages ?

Voici qu’ils en pestent, les sages héroïques. Ils enragent !
Et, au plus sombre des sombres nadirs,
Là où leur ego se voit par les autres nourrir,
Voici la peur qui remonte pour agir
Source qui jamais ne sut se tarir…

Et l’un d’eux, homme vert, voit le bouleau flancher
Il frémit, puis dit aux autres :

Regardez, frères et soeurs, c’est un signe !
Laissons ces entités de l’Autre Monde où elles sont !

Car cet oracle glorieux que nous attendons tous
C’est l’autre de son voile qui nous l’a masqué,
C’est l’autre, étranger du cœur, qui nous l’a dérobé !
Vite, mes frères et sœurs, recouvrons-nous de Lumière du gui
Car, par elle, arrivera le miracle qui guérit.
Faisons le Bien !

Soyons Yin Yang,
Pratiquons le Reiki des Anges !

Awen !

Face à tant d’évidences princières
Tous clament Awen comme bénédicité.
Puis ils demeurent là, muets,
Tissant le flou en eux, jusqu’à le parfaire.

Impassibles demeurent ces savants ministres
Face au blanc bouleau
Qui définitivement s’effondre.
Tout à présent frileux, de l’arbre mort ils s’écartent
et dans l’indifférence s’éloignent :
Signe du retour à leur réalité.

Car, oui, sachez-le,
Vos celto-druides ont dans la vie de vraies obligations.
Ils doivent retourner chaque jour à leur profane métier,
A leurs occupations futiles et leurs torpeurs sereines.

Telle est la mascarade des celto-druides ici révélée.

Chaque jour cela est,
Mais de cela, bien peu est dit
Car les bardes sont sourds, aveugles et muets.

Car bien peu sont bardes, en réalité.

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Poème bardique – Dans le tumulte du monde, apprendre à être, agir et œuvrer dans sa juste vérité

locronan-dalles-librairie-celtiqueLa colère exalte son feu à pleine puissance
Dans l’à tout prix ignorance d’être.
Tout est occlusion cervicale, mésalliance,
Déréliction d’esprits agités de paraîtres.

Une scène de tumulte s’érige.

Les fuyards incontinents, proprement atterrés,
Redoutent de voir leur confort bouleversé.
Leur corps-pantin mis en déroute, s’agitent
Et donnent à voir l’absurde spectacle de héros
Indignés, pourtant si peu pusillanimes
Qui ont perdu leurs valeurs et qui très vite
Ont soif de Lumière à s’en sevrer,
Radieuse pilule des torpeurs de l’Ego.

stries plageOui
L’ire saisit la plèbe d’une convulsive panique
Elle gronde et racle frénétique
La moëlle des os d’humains détournés d’eux-mêmes.
Elle envahit leurs sens d’un suc amer
Liquéfiant force, explosant les nerfs
Elle pourfend la sérénité du gai rire.
Seule demeure l’aveuglante perspective
D’exister dans la peur de jouir, de mourir.

La Chute annoncée par l’Unique,
La voici trop bien ancrée dans les mœurs.
Elle s’annonce illusoire et sévère,
Œuvrant de préjugés en préjugés dans la matière,
Spirituel anathème des Dieux d’hier.

« Qu’en est-il des Dieux d’aujourd’hui ?
Qui écoute ? »
Me chante Brigantia sous l’étoile Tandour…

Ys - Dahut - Baie de Douarnenez Soudain, évanouissement des pensées :
Voici que l’ondée vient caresser la côte de la Baie.
Elle lustre mes vœux intimes de gloire écharpée,
Et accomplit le rêve des Dieux, tout en clarté.

Une veine d’argent zèbre les cieux, l’espace,
Retour vers un océan d’ancrages.
Mon regard sur l’horizon prend toute sa place.
L’immensité d’un souffle irradie alors
L’argent des brumes, la fragrance de l’écume.
S’imposent alors à moi tout à la fois Vie et Mort :
Infinie plénitude d’un ciel gwenn et glaz.

Agir et œuvrer dans sa vérité essentielle,
Celle d’être entier dans le royaume de l’humus
Là où l’odeur de l’humanité demeure pourtant si crue, si aigre.
Je suis là, traversé par le chant du monde
Et se révèle à moi une vérité intime, de joie infime :

Ma vie tient d’une passion d’être chaque jour renouvelée,
Dans la Foi
En Conscience
Avec Lucidité.

Taliesin
26e journée du Premier Grand Quartier Roue 2

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